Bloqueur de fraude

La santé mentale chez les hommes : quand cela ressemble à de la colère, et non à de la tristesse

Chez les hommes, les troubles de santé mentale se manifestent souvent par de la colère et de l'irritabilité plutôt que par de la tristesse, et beaucoup d'entre eux attendent longtemps avant de demander de l'aide. Nous examinons ici pourquoi ils gardent tant de choses pour eux, quel en est le coût, et comment la thérapie peut aider les hommes à trouver du soutien.
Thérapie pour la santé mentale des hommes à Ottawa – Clinique Resiliency. Thérapie pour les hommes. Ontario

Le mois de juin est le Mois de la santé mentale des hommes au Canada ; c’est donc le moment idéal pour aborder la question de la santé mentale des hommes à Ottawa et des tendances que nous observons dans notre pratique clinique. L’une des tendances les plus courantes est que les hommes ont tendance à garder beaucoup de choses pour eux et attendent souvent longtemps avant de demander de l’aide.

Les données le confirment. Au Canada, les hommes représentent environ 75 % des décès par suicide, et leur taux de suicide est près de trois fois supérieur à celui des femmes (Agence de la santé publique du Canada; Commission de la santé mentale du Canada). Le suicide est la deuxième cause de décès chez les hommes âgés de 15 à 39 ans. Ces chiffres ne visent pas à alarmer, mais ils mettent en évidence ce qui peut arriver lorsque le stress, la souffrance et la pression restent trop longtemps sans réponse.

Pourquoi tant de choses restent-elles enfouies ?

L’un des schémas les plus évidents que l’on observe est l’irritabilité qui se manifeste là où la tristesse devrait s’exprimer. De nombreux hommes ont été conditionnés à croire que des émotions telles que la tristesse, la peur et la souffrance ne sont pas acceptables, et que les exprimer est un signe de faiblesse. La colère est souvent le seul sentiment qui soit toléré. Ainsi, les émotions les plus intenses ne disparaissent pas. Elles sont refoulées, parfois pendant des années, jusqu’à ce qu’elles n’aient plus nulle part où aller et qu’elles éclatent, souvent contre leurs proches ou contre un inconnu dans la circulation.

La colère, et l’émotion qui la sous-tend, ne se manifestent pas toujours ouvertement. Tout aussi souvent, elle reste latente et constante : un tempérament colérique, une agitation, le fait de trop travailler, de boire davantage, de s'éloigner des autres, ou encore des symptômes physiques tels que des troubles du sommeil, des maux de tête ou une sensation d'oppression thoracique. Vu de l'extérieur, cela peut ne pas ressembler du tout à de l'anxiété ou à une dépression, et de nombreux hommes eux-mêmes peuvent ne pas faire le lien entre ce qu'ils ressentent et leur propre santé mentale.

Le fait de tout garder pour soi peut parfois fonctionner pendant un certain temps. Tenir le coup peut même donner l’impression d’être un signe de force, ou passer pour de la résilience. Mais porter tout ce poids tout seul a des conséquences néfastes, tant sur le corps que sur le moral, et sur les relations les plus proches d’un homme ; souvent, ce sont les personnes qui l’aiment qui ressentent cette tension avant même qu’il ne parvienne à l’exprimer lui-même.

C’est là qu’il est utile de se pencher à nouveau sur la signification de la force. À la Resiliency Clinic, nous n’entendons pas par « résilience » une force brute, mais une flexibilité psychologique, c’est-à-dire la capacité à plier plutôt qu’à rompre et à rebondir lorsque la vie devient difficile. Tout garder pour soi est une forme de rigidité, et c’est justement la rigidité qui cède sous une pression suffisante. Tendre la main, demander ce dont on a besoin et trouver des moyens de s’adapter ne sont pas le contraire de la force. C’est ainsi que se manifeste concrètement la résilience.

Ce que nous souhaitons dire ce mois-ci

  • Vous n'avez pas besoin d'être en situation de crise pour nous contacter, mais nous sommes là pour vous si c'est le cas.
  • Le fait de se confier à un professionnel contribue souvent à améliorer vos autres relations.
  • Demander de l'aide est un signe de force, et non de faiblesse.

La thérapie est un processus actif

La thérapie est un espace où l'on peut faire une pause et réfléchir à voix haute avec une personne formée pour écouter, mais aussi pour partager ses réflexions. Cela peut vous aider à déterminer quels changements sont nécessaires pour améliorer votre vie et vos relations. Il s'agit d'un processus actif, qui ne se limite pas à l'écoute.

Un bon thérapeute vous aide à prendre conscience de vos schémas de comportement, vous aide à mettre des mots sur ce qui se passe et travaille avec vous pour décider comment y remédier. Pour de nombreux hommes, c’est cette combinaison entre le fait d’être écouté et d’évoluer vers un changement concret qui donne le sentiment que la thérapie en vaut la peine. Par exemple, un client peut décrire ses interactions avec sa conjointe, et le thérapeute peut alors explorer d’autres interprétations possibles des remarques ou des comportements qui l’ont contrarié. Un thérapeute peut également avoir besoin de l’encourager à trouver des moyens de “ se tourner vers ” ses proches, plutôt que de se replier sur lui-même ou de se retourner contre eux. Certains hommes travaillent sur la communication avec leurs enfants, en particulier si des divergences dans les approches éducatives ont un impact sur leur relation avec leur partenaire, et ils finissent par appliquer ces stratégies également avec les adultes. À mesure qu’ils écoutent davantage, font preuve d’empathie et cultivent leur curiosité, ils remarquent que l’atmosphère est plus sereine chez eux et que leurs relations évoluent.

Ce qui aide généralement les hommes à se sentir plus à l'aise en thérapie

Tous les hommes n’attendent pas la même chose d’une thérapie, et une bonne thérapie s’adapte à la personne qui se trouve dans la pièce, et non à un stéréotype. Cela dit, nous observons certains schémas dans notre pratique, qui concordent avec les recherches sur ce qui aide les hommes à rester motivés une fois qu’ils ont commencé.

  • Une structure claire. Savoir comment se déroulent les séances, quel en est l'objectif et comment les progrès sont évalués est généralement plus rassurant qu'une conversation sans cadre précis, sans fil conducteur.
  • Des objectifs concrets. De nombreux hommes s’impliquent davantage lorsque la thérapie s’articule autour d’un problème spécifique à résoudre et qu’ils ont une idée de la direction que prennent les choses, plutôt que de parler pour le simple plaisir de parler.
  • Des outils et des compétences pratiques. Des approches telles que la TCC et l’ACT vous proposent des exercices à réaliser entre les séances, ce qui peut donner au travail un caractère actif plutôt que passif. Par exemple, un thérapeute peut donner des conseils et des idées pour s'ouvrir à une personne avec laquelle le client est en conflit, et ce dernier peut repartir avec des pistes de changement de comportement et des “ expériences ” à tester. Il revient ensuite en thérapie pour faire le point sur les “ résultats ” obtenus et en tirer des enseignements.
  • Avoir son mot à dire dans le processus. La thérapie donne les meilleurs résultats lorsqu’elle repose sur une collaboration, dans laquelle vous contribuez à définir les axes de travail et à ajuster les priorités au fur et à mesure. Un bon thérapeute est ouvert aux divergences d’opinion ou aux retours d’expérience si ceux-ci l’aident à mieux comprendre son client et ses objectifs.
  • Un rythme qui vous convient. Se faire accompagner ne signifie pas nécessairement s'engager pour plusieurs mois de séances hebdomadaires. Pour certains hommes, quelques séances ciblées suffisent pour surmonter un facteur de stress spécifique, comme un changement professionnel, des tensions dans le couple ou une période de deuil. Les séances peuvent être hebdomadaires, bihebdomadaires ou moins fréquentes, selon vos besoins.

Cela ne signifie pas pour autant qu'il faille fuir ses émotions. Il s'agit plutôt de commencer par ce qui vous semble faisable, d'instaurer un climat de confiance, puis d'aborder les discussions plus délicates lorsque vous vous sentirez prêt(e) à le faire.

S'il y a un homme dans votre vie qui traverse une période difficile

Peut-être que vous lisez ces lignes non pas pour vous-même, mais pour un proche : un partenaire, un père, un frère, un ami, un collègue. Si un homme de votre entourage traverse une période difficile, n’hésitez pas à partager cet article. Parfois, le simple fait de savoir qu’il est normal de demander de l’aide, et qu’il n’est pas nécessaire d’attendre une situation de crise pour le faire, suffit à donner le courage de faire le premier pas.

Soutien en matière de santé mentale pour les hommes à Ottawa

À la Resiliency Clinic, nos thérapeutes accompagnent les hommes confrontés à l'anxiété, au burn-out, au deuil, aux tensions relationnelles et au poids de porter trop de fardeaux depuis trop longtemps. Nous proposons des séances en présentiel à Ottawa et des séances en ligne dans tout l'Ontario et le Québec, en anglais et en français. Si vous ne savez pas par où commencer, vous pouvez réserver une consultation gratuite de 15 minutes. C'est un moyen décontracté de poser des questions et de voir si une collaboration entre nous semble envisageable.

Cet article ne remplace en aucun cas les services psychologiques professionnels. Si vous ou l'un de vos proches avez des pensées suicidaires, appelez ou envoyez un SMS au 9-8-8, la ligne d'écoute canadienne en cas de crise liée au suicide, accessible 24 heures sur 24. En cas d'urgence, composez le 911.

Sources : Agence de la santé publique du Canada, Base d'information sur la santé (Suicide et automutilation); Commission de la santé mentale du Canada (Santé mentale et prévention du suicide chez les hommes); Seidler et al., « Engager les hommes dans les traitements psychologiques : une revue exploratoire » (American Journal of Men’s Health, 2018).

Partager cette information :

Plus d'articles

essayer de concevoir au canada chagrin de fertilité à ottawa thérapie

Quand essayer de concevoir devient un processus de deuil

Pour de nombreuses femmes qui essaient de concevoir un enfant, le plus dur n'est pas le rendez-vous ou l'attente. C'est le chagrin qui s'accumule parallèlement à tout cela, sans que l'on sache où aller. Chaque test négatif, chaque mois qui passe, chaque annonce de grossesse qui tombe à l'eau. Michelle Sorensen, psychologue clinicienne agréée, explique à quoi ressemble ce chagrin, pourquoi le processus de fertilité le rend si difficile à gérer et à quoi sert réellement une thérapie pendant cette période. Si vous portez ce deuil en silence, cet article est pour vous.

Pourquoi vous n'arrivez pas à atteindre vos objectifs (et ce qui fonctionne vraiment)

Pourquoi vous n'arrivez pas à atteindre vos objectifs (et ce qui fonctionne vraiment)

La plupart des objectifs du Nouvel An s'effondrent à la mi-février, non pas parce que vous manquez de discipline, mais parce qu'ils reposent sur un postulat erroné. Le problème n'est pas votre volonté. Michelle Sorensen, psychologue clinicienne agréée, explique pourquoi la fixation traditionnelle d'objectifs échoue et propose trois solutions de rechange fondées sur des données probantes : construire des systèmes plutôt que des résultats, pratiquer l'auto-compassion (qui améliore en fait les performances) et apporter des changements si petits qu'ils semblent faciles à mettre en œuvre.